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Vous avez aimé la réforme de la retraite… vous allez adorer « la grande sécu »

15 déc 2021 à 08h03

A quelques encablures des présidentielles les loups n’avancent plus masqués. La situation est exceptionnelle et très préoccupante : Comment faire face à la hausse conjoncturelle et structurelle des dépenses de santé liées au vieillissement de la population dans un contexte économique inédit ?  En toile de fond de ce vaste chantier sociétal, le HCAAM (Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie) a été saisi pour donner son avis sur la façon de mieux articuler l’assurance maladie obligatoire (AMO) et l’assurance maladie complémentaire (AMC). Comment expliquer que le préavis de cette instance ait fuité dans la presse avant diffusion à ses membres et son examen par ces derniers, sauf à penser que les jeux sont truqués ?
« La grande sécu » n’est pas un carré d’as ! Attention, pour la CFE-CGC, cette remise en cause du modèle actuel prônée comme solution miracle ne laissera aux assurés sociaux que leurs yeux pour pleurer !

 

Il devient évident que l’exercice auquel se livre le HCAAM n’est qu’une mascarade : le renforcement de l’intervention publique dans le financement et la régulation laissera peu de place au choix par les patients de leur médecin traitant ou spécialiste voire de l’établissement où ils seront hospitalisés. De surcroit, le chiffrage opaque et incomplet des pistes de solutions envisagées est singulièrement très en deçà des besoins. Il fait apparaitre, de plus, des disparités entre les perdants et les gagnants, ne prend en compte ni les financements nécessaires pour résorber le déficit conjoncturel de l’assurance maladie, ni les besoins en financement à moyen et long terme des frais de santé de demain.
Et qui va payer l’addition ? C’est vous ! A l’évidence ces travaux conduits essentiellement sous l’angle économique « quoi qu’il en coûte » augure d’une « grande sécu » au rabais et davantage fragilisée à l’image du modèle anglo-saxon ouvert à tous mais de piètre qualité. Elle met à mal les avantages de la synergie entre AMO et AMC qui a fait ses preuves et qui permet des économies d’échelle au travers la mutualisation.
« La grande sécu » base de surcroit sa construction sur le principe de vases communicants utopiques entre le système actuel et le système de demain tant en termes de ressources financières que de moyens humains.
Après les travaux houleux et infructueux engagés sur le sujet de la retraite dite universelle, nous nous attaquons à la santé dite universelle. Or, s’il est bien une vérité : c’est que la santé n’a pas de prix !

 

 

 

 

 

 

 

 

En ne produisant aucune étude d’impact, le gouvernement n’a, cependant, pas réellement perçu que les effets indésirables de cette réforme persistaient.
Ce sont, une nouvelle fois, les partenaires sociaux qui, en obtenant des cas chiffrés auprès de l’Unédic, ont tiré la sonnette d’alarme sur le maintien, par le décret de mars 2021, des différences de traitement pouvant mener également à des discriminations indirectes.
Confronté à ces éléments, le Ministère tente encore de trouver des solutions pour maintenir sa réforme et limiter l’iniquité de ses mesures.
C’est le cumul des règles existantes comme la neutralisation ou le délai de carence avec le nouveau calcul du SJR qui concourt aux inégalités de traitement.
Le nouveau mode de calcul du SJR est à l’origine des problématiques soulevées et des débats qui en découlent.
C’est donc dans ce contexte que la CFE-CGC a déposé un nouveau recours devant le Conseil d’État. Ce recours ayant pour but l’abandon définitif de cette réforme et notamment le retrait du nouveau calcul du SJR particulièrement impactant selon la situation des intéressés.
Le gouvernement ne doit pas simplement ajuster sa réforme, il doit l’abandonner !
Défendre son erreur est une nouvelle erreur, l’admettre, c’est la corriger